La caste des Hijra
Je prenais en photo un célèbre photographe indien, mondialement connu, Tikam Chand, qui photographiait les passants près du palais du Maharaja de Jaipur. avec un authentique appareil photo Carl Zeiss 1880 qui appartenait par droit de succession à son père, grand-père, arrière-grand-père et (je ne sais plus comment dire) à son arrière-arrière-grand-père
Ce faisant, arrive un hijra vêtu d’un sari turquoise qui me demande de le photographier ainsi que ses « sœurs ».
On sympathise, ce dernier, insiste pour me faire la bise, je rigole surpris par sa demande et lui montre mon alliance pour lui signifier poliment que je suis marié. Il m’assure qu’elle est mariée aussi me présentera par la suite son « mari ».
Qu’est-ce qu’un Hijra ? C’est un individu transsexuel (émasculé pendant l’adolescence) qui appartient à la caste des Hijra. Les hijras existent depuis plusieurs siècles. Sous l’empire britannique, ils étaient désignés à tort comme eunuques, eux-mêmes ne se considérant ni comme des hommes ni comme des femmes, mais comme des individus asexués.
Ils avaient la considération de la population indienne jusqu’à la colonisation britannique qui a importé en Inde l’homophobie qui n’existaient pas alors avant leur venue.
Les hijras forment des communautés très structurées, les chelas (disciples) autour de guru. Une parenté fictive s’y organise. La dépendance financière paraît être la clé de voûte de l’organisation du groupe. Tout est payé, les chelas qui rapportent le plus (par leur habileté de musiciens ou de danseurs, la mendicité ou la prostitution) sont achetés et revendus de guru en guru. Le chela peut avoir à reverser la totalité de ses revenus au guru et la circulation de dettes accumulées, et sans cesse grandissantes, prend parfois des proportions phénoménales. Enfin, quand il se marie avec un homme, il partage sa vie et continue à travailler pour sa communauté, où son statut est amélioré par ce mariage.







